Sauf à quoi ?
A la question que vous vous posez au moins une fois par jour.
Pour quelque raison que ce soit.
Pourquoi ?
Moquez-vous, je saurai me reprendre, je saurai vous répondre.
Et si pour seule réponse, je me tais et vous regarde, ne croyez pas que vous avez vaincu.
Et c'est dans ce silence que vous comprendrez que je suis plus forte que vous.
C'est dans ce silence que vous découvrirez un bout de ce qui se trame au fond de moi,
Que vous apprendrez à me connaître, à savoir ce que j'ai vécu et qui je suis devenue.
Je n'ai pas honte.
La fille que j'étais n'est plus.
Aujourd'hui, il n'y a plus rien que moi.
Ceux qui parviennent à s'en contenter sont ceux qui comptent.
Les autres, ceux qui regrettent, ceux qui pensent encore à comment j'ai pu être ne sont plus vraiment là pour moi, tout comme je ne suis plus vraiment là pour eux.
On aurait pu croire que ceux qui ont vécu les choses comme moi aurait été les maillons forts, ceux qui auraient pu me soutenir, me supporter.
Il n'en est rien.
Je ne dis pas que je suis fière de moi.
Je ne dis pas que je suis meilleure qu'avant.
Je le suis même surement moins.
Mon humour peut s'averer tranchant, méchant.
Je ne ris plus pour rien.
Je me réjouis du visage des gens qui pensent avoir fait une bonne blague et dont, le sourire retombe quand ils ont vu mon visage, fermé comme je sais si bien le faire.
Le seul qui savait me faire rire dans n'importe quelle circonstance est par ailleurs la cause principal de mon aigreur, de cette facilité à retenir un sourire.
Avec lui, j'avais beau me mordre les joues, me faire saigner les lèvres, je ne résistais jamais longemps et finissais toujours par rire.
Mon plus grand regret, seule F le connaît et le plus drôle, c'est que je suis sùre qu'elle ne s'en souvient même pas.
En fait non, ce n'est pas drôle.
Rien de tout ça n'est drôle.
Ce qui risque de l'être par contre, c'est la vie qui nous attend au-dehors, mon sourire merdique et moi.